
La BPCO,
C'est quoi ?
La BPCO pour Broncho-Pneumopathie Chronique Obstructive est une maladie respiratoire chronique qui affecte les voies aériennes et les poumons.

Elle se caractérise par une obstruction progressive et partiellement irréversible des bronches et des bronchioles, entraînant des difficultés croissantes à respirer.
Cette pathologie est souvent causée par une exposition prolongée à des polluants tels que la fumée de cigarette, qui irritent les bronches provoquant une inflammation persistante et une production excessive de mucus épais dans les voies respiratoires qui entraîne l'épaississement des parois des bronches. Cette obstruction limite le passage de l'air, et une partie reste emprisonnée dans les poumons.

Cela entraîne des perturbations dans le fonctionnement des cellules qui constituent le tissu pulmonaire.
Les alvéoles pulmonaires qui permettent les échanges gazeux entre l'oxygène et le dioxyde de carbone lors de la respiration, sont progressivement endommagées ou détruites, elles perdent leur élasticité et leur surface d'échange. Cela diminue la capacité des poumons à oxygéner le sang et à éliminer efficacement le dioxyde de carbone. Ce stade est appelé emphysème.
À mesure que la maladie progresse, l'air emprisonné dans les poumons, et le manque d'oxygène dans le sang génèrent une fatigue importante et une sensation permanente de dyspnée (essoufflement, manque d'air).
La BPCO accentue considérablement les limitations fonctionnelles, le fait de monter quelques marches d'escalier ou de porter une valise peut devenir difficile. Elle engage le pronostic vital et ne doit pas être prise à la légère. Il est important d'agir au plus tôt afin d'éviter l'apparition de certaines complications.
Une prise en charge rapide de la BPCO peut ralentir son évolution et peut même inverser certains symtômes.
Parlez-en à votre médecin !
Une maladie fréquente
La BPCO reste une maladie trop souvent ignorée et sous-estimée. On estime que la BPCO deviendra la 4ème cause de décès en France en 2030.

On estime qu'au moins 70 % des personnes atteintes ne seraient pas diagnostiquée.


Population à risque : Les adultes de plus de 40 ans, particulièrement les fumeurs ou anciens fumeurs, sont les plus touchés.
Le tabagisme à 65 ans augmente de 50% le risque de BPCO.
3.5 millions
de personnes touchées
17 000 morts / an
100 000
hospitalisation / an d'une
durée moyenne de 8 jours
Les causes de la BPCO
Les premiers signes apparaissent fréquemment chez les personnes de plus de 40 ans. Avec l'âge, les alvéoles perdent leur élasticité et les mécanismes de réparation des tissus pulmonaires deviennent moins efficaces rendant les infections respiratoires plus fréquentes et plus graves.

Le tabagisme et autres substances inhalées comme le cannabis ou le narguilé entraînent une inflammation chronique des voies respiratoires et des dommages aux tissus pulmonaires.
Au moins 80% des BPCO sont dues au tabac que l’on soit fumeur ou victime du tabagisme passif. L’évolution et la mortalité de cette maladie sont directement liées à l’importance et l’ancienneté de la consommation tabagique.


Les substances présentes dans l’air comme les allergènes, la pollution de l’air dans les grandes villes (gaz, fumées, poussières, vapeurs toxiques …) ainsi que l’exposition à certains polluants (radon, insecticides, fibres de carbone/de verre, moisissures, hydrocarbures aromatiques polycycliques …) sont des facteurs de risque bien identifiés.
Les mineurs, les ouvriers de fonderies, du bâtiment et de l’industrie textile ainsi que les agriculteurs font partie des professionnels exposés. Des efforts de prévention sont nécessaires.

La BCPO peut résulter d’une prédisposition génétique, un déficit en alpha-1-antitrypsine peut accélérer la survenue de la BPCO même chez les individus jeunes
Des infections virales ou bactériennes répétées de l’arbre trachéobronchique dans vos poumons favorisent une inflammation chronique qui peut accélérer les dommages aux voies respiratoires et aux alvéoles pulmonaires, contribuant au développement de la BPCO.
Voici une liste de maladies qui doivent vous alerter :
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Virus respiratoire syncytial (VRS),
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Grippe,
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Rhinovirus
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Infection à la bactérie Streptococcus pneumoniae
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Infection à la bactérie Haemophilus influenzae,
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Infection à la bactérie Moraxella catarrhalis

Attention les exacerbations peuvent être plus fréquentes entre novembre et février à cause des températures extérieures plus froides.
Agir dès les premiers signes
La BPCO peut évoluer pendant des années de manière lente et silencieuse sans provoquer de symptômes apparents. Les premiers symptômes apparaissent après 40 ans, le plus souvent chez le fumeur ou l'ancien fumeur, ils peuvent sembler bénins puis s'aggraver.

Symptômes respiratoires
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Une toux d'abord intermittente jusqu'à devenir persistante (chronique, quotidienne ou presque) et surtout présente le matin.
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Des expectorations persistantes, avec du mucus épais et souvent abondant.
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Un essoufflement progressif (dyspnée), qui s'installe progressivement, d'abord à l'effort, puis au repos dans les formes avancées, gênant ainsi les gestes de la vie courante.
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Une respiration sifflante car l'air essaie de s'écouler dans une voie respiratoire étroite.


Symptômes généraux
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Une fatigue permanente
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Une perte de poids dans les stades avancés
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Une sensation d'oppression thoracique, surtout après l'exercice.



Complications
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Insuffisance respiratoire chronique : La BPCO peut entraîner une diminution progressive et sévère de la capacité respiratoire, nécessitant parfois une assistance ventilatoire.
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Hypertension pulmonaire : Une pression accrue dans les vaisseaux sanguins des poumons peut survenir, compliquant davantage l’échange d’oxygène et augmentant la charge sur le cœur.
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Exacerbations aiguës : Ce sont des épisodes de détérioration soudaines des symptômes respiratoires qui dépassent les variations habituelles et durent plus de 48 heures. Ces épisodes se manifestent par :
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Une augmentation de l’essoufflement.
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Une toux plus intense.
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Un volume accru d’expectorations, qui peuvent devenir épaisses ou prendre une teinte verdâtre.
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Ces exacerbations, parfois sévères, favorisent les infections bronchopulmonaires récurrentes ou prolongées, telles que les bronchites chroniques, aggravant ainsi l’évolution de la maladie


Si trop pris à la légère, ces symptômes peuvent s'installent progressivement de façon insidieuse et s'aggraver au fil du temps.
L'évolution naturelle de la BPCO conduit à une dyspnée de plus en plus marquée, réduisant votre endurance à l'exercice et donc vos activités quotidiennes, altérant progressivement votre qualité de vie !
La HAS (Haute Autorité de Santé) met à disposition un questionnaire rapide de 5 questions pour repérer les premiers symptômes et dépister la BPCO chez vous :
Comment diagnostiquer une BPCO ?
La recherche d’un diagnostic de BPCO peut être proposée pour les personnes présentant des facteurs de risque : être âgé de plus de 40 ans, fumeur ou ancien fumeur, exercer une profession exposée à des polluants et/ou présenter des symptômes (dyspnée, toux chronique, expectorations fréquentes, bronchites à répétition …).

Consultation médicale de 15 à 30 minutes avec un médecin généraliste ou un pneumologue qui va :

• Reconstituer un historique de vos antécédents tabagiques,
d'exposition à des facteurs de risque (pollution, produits chimiques), ainsi que vos infections respiratoires passées.
• Réaliser un examen clinique avec une auscultation des poumons avec un stéthoscope pour détecter d'éventuel bruits respiratoires anormaux (comme des sifflements ou des ronflements respiratoires).

Examen de spirométrie de 30 minutes:
De test indolore permet d'évaluer le niveau d'obstruction du flux aérien et peut détecter la BPCO avant même tout symptôme. Il suffit de souffler dans un spiromètre, un appareil qui mesure la quantité d'air que vos poumons peuvent contenir, ainsi que la vitesse à laquelle vous pouvez l'expulser.

Le pneumologue va pourvoir mesurer votre VEMS (Volume Expiratoire Maximal en une Seconde) : la quantité d'air expirée en 1 seconde et votre rapport VEMS / CVF (Capacité Vitale Forcée) : qui calcule la proportion d'air expirée par rapport à la capacité pulmonaire totale.
Une BPCO est confirmée si ce rapport VEMS / CVF est inférieur à 70% après administration d'un bronchodilatateur.
Il est préconisé d'effectuer régulièrement une spirométrie chez les personnes fumeuses à partir de 40 ans.


Examens d'imagerie thoracique de 40 minutes :
Des examens de radiographie thoracique auprès d'un radiologue seront peut-être nécessaire pour éliminer d'autres causes de symptômes respiratoires. Faire un scanner CT thoracique permettra de rechercher des signes d'emphysème, d'hyperinflation ou d'autres pathologies associées, comme des anomalies structurelles des poumons.


Analyses biologiques:
Dans le cas d'une suspicion de déficience génétique, votre pneumologue peut vous demander de faire une prise de sang en laboratoire pour évaluer le dosage de l'alpha-1-antitrypsine (protéine protectrice des poumons).
Solutions non
médicamenteuses
Que l'on soit fumeur ou victime du tabagisme passif, le tabac est le premier coupable !
Des expositions professionnelles peuvent aussi être en cause dans 20% des cas : agriculture, mines, fonderies-sidérurgie, bâtiment et travaux publics, textiles...
Arrêter de fumer et/ou interrompre l'exposition aux substances et polluants favorisant la maladie est fondamental pour la diminution des symptômes et l'amélioration de la qualité de vie.


La vaccination antigrippale, antipneumococcique et COVID-19 sont nécessaires pour prévenir et diminuer les risques d'exacerbations, la pneumonie, les consultations médicales, les hospitalisations et le nombre de décès.

Solutions
médicamenteuses
Les bronchodilatateurs
La BPCO ne se guérit pas, mais son évolution peut être ralentie et ses symptômes atténués grâce à une prise en charge adaptée, combinant médicaments, de l'oxygène, une rééducation pulmonaire et interventions spécifiques.

Solutions non
médicamenteuses

Ventilation non invasive
support respiratoire
La Ventilation Non Invasive (VNI) est une technique d’assistance respiratoire pour les personnes souffrant d’insuffisance respiratoire aiguë ou chronique.

Respirateur artificiel
La VNI délivre un mélange d'air et d'oxygène sous pression à l'aide d'un masque nasal ou facial. Elle permet d’améliorer l’oxygénation, de diminuer le travail respiratoire et d’éliminer l’excès de dioxyde de carbone CO₂ (hypercapnie).
Elle est particulièrement efficace pour prévenir l’aggravation de l’insuffisance respiratoire et éviter l’intubation chez les patients en détresse respiratoire modérée à sévère.
Une surveillance étroite est nécessaire pour ajuster les paramètres ventilatoires et garantir son efficacité.
Oxygénothérapie
support respiratoire
Solutions non
médicamenteuses

Les patients souffrant d'insuffisance respiratoire chronique ou une forme très avancée de la BPCO doivent recevoir une oxygénothérapie d'une durée minimale de 15 heures/ jour.
Les différents dispositifs d'oxygénothérapie
Il s'agit d'une méthode d'assistance respiratoire qui fournit aux patients une concentration élevée d'oxygène à un débit supérieur à leur ventilation spontanée, via une interface nasale ou faciale.
Cette technique permet d'améliorer l'oxygénation, de réduire le travail respiratoire et de maintenir les voies aériennes ouvertes.

Lunettes nasales à oxygène
Débit : 0.5 à 6 L/min

Masque à oxygène
Débit : 4 à 8 L/min

Masque à haute concentration
Débit : supérieur à 8 L/min
Intubation et ventilation mécanique
support respiratoire
Dans les formes sévères de BPCO, l’intubation trachéale et la ventilation mécanique sont utilisées en cas d’échec des traitements non invasifs.
L'intubation permet d’insérer un tube dans la trachée et la ventilation mécanique fournit de l’air ou de l’oxygène sous pression.
Ce traitement est réservé aux situations d'insuffisance respiratoire aiguë et nécessite une surveillance en réanimation.
